Ceci est notre logo

Ceci est notre logo

mardi 5 décembre 2017

ALAIN KLEINMANN ET LE LIVRE




© Somogy éditions d'Art


Alain Kleinmann est considéré comme le peintre de la mémoire, comme un passeur d’images. Son œuvre restitue le passé d’un peuple décimé à partir de collages d’images et d’objets.

Il a exposé dans plus de 40 musées dans le monde (Centre Pompidou à Paris, Musée Léonard de Vinci à Milan, Kunsthalle à Berlin, New York Coliseum, Palais des Beaux-Arts à Bruxelles, Musée National des Beaux-Arts à La Havane, Magnes Museum à Berkeley, Musée Tretiakov d’Art Contemporain à Moscou, Tokyo Bunkamara, Musée de l’Académie des Beaux-Arts de Chine à Pékin, …).
Une trentaine de livres et de monographies a été publiée sur son travail.

Il vient d’être nommé Chevalier de la Légion d’honneur pour l’ensemble de son œuvre.

Alain Kleinmann nous a accordé un entretien exclusif qui a été diffusé dans le cadre de notre émission, Au Nom des Enfants, sur RCN 89.3 FM. En voici de larges extraits:




© Alain Kleinmann, DR. 

La place du livre

Avant de m’intéresser aux objets, dont les livres, je trouvais que la dimension la plus touchante de ce qui est représentable, c’est évidemment l’être humain, son regard, son attitude. Bien que les matériaux soient abstraits, ma peinture peut être qualifiée de figurative et je me suis aperçu qu’un certain nombre d’objets, assez rares, à vrai dire, portent aussi une sorte de charge émotionnelle, de vie propre. Il en va ainsi des livres… il y a l’histoire qui est racontée de l’intérieur, il y a l’histoire de celui qui l’a écrit, de celui qui le lit et enfin, l’objet en tant que tel. Il se dégage une sorte d’émotion très puissante au même titre que celle générée par un regard humain. Il y a aussi d’autres objets, comme les valises, les clefs, les serrures. Mais enfin, il n’y en a pas tant que ça.

jeudi 2 novembre 2017

MOSHE FELDENKRAIS, PIONNIER DU JUDO EN FRANCE


Le 31 octobre dernier, l’émission de l'AMEJDAM, , Au Nom des enfants, était consacrée au judo et en particulier à celui qui a introduit le judo en France, Moshe Feldenkrais. 

Jigoro Kano (1830 -1938)



Image empruntée ici

Jigoro Kano est le fondateur du ju-do, dérivé du Ju-Jitsu ou Voie de la souplesse. En 1882, il a posé les principes fondateurs de cette nouvelle discipline qui permet de vaincre la force grâce à la souplesse.

Par « souplesse», il faut comprendre « non-résistance » ou « adaptation ». Le principe est de ne pas résister à la force de l’adversaire, mais, bien au contraire, de profiter de sa force pour le déséquilibrer et le faire chuter.

Le judo commence à être enseigné au Japon en 1882 au Kodokan, le temple du judo à Tokyo.



Le judo repose sur des principes bien établis 



Image empruntée ici

La politesse, c’est le respect d’autrui.
Le courage, c’est faire ce qui est juste.
La sincérité, c’est s’exprimer sans déguiser sa pensée.
L’honneur, c’est être fidèle à la parole donnée.
La modestie, c’est parler de soi-même sans orgueil.
Le respect, sans respect aucune confiance ne peut naître.
Le contrôle de soi, c’est savoir se taire lorsque monte sa colère.
L’amitié, c’est le plus pur et le plus fort des sentiments humains.

Il faut être deux pour pratiquer le judo : Tori, celui qui porte l’attaque et Uke, celui qui subit l’attaque.

La méthode de Kano comporte 
quatre exercices fondamentaux 

L’ukemi, permet de chuter au sol sans se blesser.
Le randori, exercice libre ou combat d’entraînement.
Les Kata, démonstrations techniques codifiées.
Le shiai, pratique compétitive finalisée par la victoire.

Les grades : ceinture blanche pour les débutants, les six kyu sont les grades intermédiaires à la ceinture noire et aux Dan.

Le judo se pratique dans un dojo



Le Dojo Hervé Allari à Saint-Laurent-du-Var, le plus beau dojo de la Côte d'Azur
© Jacques Lefebvre-Linetzky

 Pour consulter le site du Judo Club du Stade Laurentin, c'est ici



Le judo s'est épanoui en France dans les années 30, notamment grâce à l’enseignement de maître Mikinosuke Kawaishi. C'est grâce au travail pionnier de Moshe Feldenkrais, impulsé et soutenu par Maître Kawaishi que le judo en France a pris une telle ampleur.

Moshe Feldenkrais ( 1904-1984)



Image empruntée ici

Moshe Feldenkrais est né en 1904. Il quitte la Russie après la Révolution de 1917 et émigre en Palestine. C’est là qu’il découvre le jiu-jitsu et qu’il imagine une nouvelle méthode de self-défense. En 1924, il se rend en France afin de poursuivre des études de physique et devient l’assistant de Fréréric Joliot-Curie à l’École Spéciale des Travaux Publics de Paris. Il inaugure en ces lieux une salle de jiu-jitsu. C’est en 1933 qu’il découvre le judo lors d’une démonstration de Jigoro Kano, qui présente sa méthode à travers le monde. Feldenkrais fonde en 1936, le Jiu-Jitsu Club de France. C’est en fait la naissance du judo français, dont les valeurs, on l'aura compris, font écho à celles de sa propre culture.  



Moshe Feldenkrais à l'entraînement
Image empruntée ici

C'est grâce à Feldenkrais, entre autres, que le judo trouve son identité propre. Il se différencie du jiu-jitsu et d’un usage strictement utilitaire de self-défense. Il s’inscrit dans la philosophie de la méthode éducative de Jigoro Kano et trouve sa place dans un climat général de découverte du sport. Feldenkrais édite en 1938 les deux premiers manuels de judo en France. Il y affirme une conception humaniste du judo favorisant l’épanouissement de l’individu. 

Parmi les pionniers, on pourra également citer, Maurice Cottereau, Jean de Herdt et Henri Birnbaum dont l'action rayonnera essentiellement en Espagne. 

Contraint de s'exiler en Angleterre, en raison des persécutions nazies, Feldenkrais revient en France après la guerre, mais oriente ses recherches vers d’autres domaines.
« De sa formation de physicien, il tire une conception du corps comme réalité physique, des poids et des masses organisées dans l’espace, un jeu de forces pour être debout et se mouvoir. De sa formation au Judo, il tire une conception du mouvement efficace et harmonieux, utilisant l’énergie minimale. De ses racines juives hassidiques, il garde le goût de poser des questions et de réfléchir à un problème sous tous les angles. (...)
Une blessure au genou déterminera l’orientation de son travail : face à l’incapacité du corps médical à lui assurer un fonctionnement normal de son articulation blessée, il se tourne vers lui-même et ses propres possibilités. Il se penche sur la mécanique interne de son corps. Il y découvre un monde qu’il n’aura de cesse de parcourir en tous sens, toute sa vie, en nourrissant sa recherche de toute les connaissances en neurosciences de son époque.
Car il a constaté que sa capacité à se déplacer sans douleur dépendait grandement de sa façon de faire, et que celle-ci pouvait être réajustée grâce à un processus simple. Grâce à sa femme pédiatre, il découvre le processus qu’utilisent les enfants pour apprendre à se mouvoir et s’en inspire pour aider les adultes.
Après la seconde guerre mondiale, il abandonne progressivement le monde de la Physique et de l’électronique, pour se consacrer entièrement à la recherche qui aboutira à sa méthode. Il enseigne aussi bien en Europe, aux États-Unis et en Australie qu’en Israël où il meurt en 1984. »
Source, cliquez ici
Et pour en savoir davantage sur sa méthode, c'est là. 

Israël et le judo

Le judo est l’un des sports les plus pratiqués au monde et Israël figure en très bonne place au niveau international.
Récemment, le judo israélien à fait la une des journaux pour des raisons bien éloignées de la philosophie de ce sport si noble.
La délégation israélienne a fait des merveilles lors du tournoi de judo récemment organisé à Abou Dhabi. L’Émirat avait proscrit toute référence à l’État d’Israël.


Tal Flicker


Image empruntée ici
Une vidéo saisissante compte des milliers de vues sur les réseaux sociaux. L’israélien Tal Flicker, regarde, impavide, le drapeau de la Fédération internationale de judo s’élever tandis que résonne la musique de l’organisation sportive. Son kimono ne comporte aucun signe de sa nationalité, seul figure l’acronyme de la fédération internationale, IJF (International Judo Federation). Il est sur la plus haute marche, il vient de remporter la médaille d’or des moins de 66 kg. Il n’écoute pas, il chante pour lui-même et pour tout un peuple, la Hatikvah, l’hymne national d’Israël. C’était jeudi dernier, le 25 octobre 2017.

Pour voir la vidéo du CRIF, cliquez ici

Le tournoi a été émaillé d’incidents où des compétitrices ont refusé de serrer la main de leur adversaire.

Officiellement, les Émirats souhaitaient protéger les compétiteurs israéliens d'éventuels gestes antisémites. Samedi 28 octobre, les représentants de l’Émirat ont présenté  des excuses au nom de celles et ceux qui avaient refusé de serrer la main de leur adversaire. 
On se souvient que lors des jeux de Rio en 2016, le judoka égyptien, Islam el-Shehaby, avait refusé de serrer la main d’Or Sasson qui, après avoir bousculé Teddy Riner, avait finalement obtenu une médaille de bronze.
Ces incidents qui fleurissent ici et là en disent long sur le monde dans lequel nous vivons. La symbolique est forte, douloureuse. Après avoir « marqué » les Juifs du sceau de l’infamie en leur imposant le port de l’étoile jaune, des champions juifs ne peuvent combattre en arborant l’étoile de leur pays. 


Texte et mise en page: Jacques Lefebvre-Linetzky




mercredi 18 octobre 2017

L'AMEJDAM EST AU C.U.M. LE 26 OCTOBRE 2017

ATTENTION ! 
MODIFICATION DE DERNIÈRE MINUTE. LA POSE DE PLAQUE AURA LIEU À 11:30. L'ALLOCUTION "NICE, THÉÂTRE ET SAUVETAGE" PRÉVUE EN FIN DE MATINÉE EST DONC REPORTÉE À 14:00. 



mercredi 11 octobre 2017

NOTRE POSE DE PLAQUE À GOLFE-JUAN - LE 6 OCTOBRE 2017



C'est le travail essentiel de l'AMEJDAM que de poser des plaques dans les Alpes-Maritimes à la mémoire des enfants juifs qui y ont vécu avant leur déportation.

Habituellement nous plaçons ces plaques sur la façade d'une école, celle que ces enfants avaient fréquenté avant d'être arrêtés. 

Dans le cas de Golfe-Juan, cela n'a pas été possible, car l'école dont nous avions trouvé la trace n'en était pas vraiment une. En effet, ce "Centre École de Céramique" était hébergé par ce qui s'appelait, à l'époque du gouvernement de Vichy, un "Camp Moissons Nouvelles" (au singulier ou au pluriel selon les cas...). Ce centre pour jeunes travailleurs était  logé dans une grande villa entourée d'un jardin. Située Route d'Antibes, elle était nommée "Villa les Palmiers". 

Cette maison a été démolie depuis. Le lieu de mémoire n'existe plus, et personne n'avait plus la moindre idée  concernant l'existence de ce camp de jeunesse. Nous avons cherché, et encore cherché, sans succès. 

C'est la raison pour laquelle il a été décidé de poser cette plaque mémorielle près d'un jardin d'enfants, et du monument aux morts – à un endroit libre qui semblait l'attendre – et ce, grâce au soutien inconditionnel de Mme Michelle Salucki, Maire de Vallauris Golfe-Juan. 





Tous les détails de ces recherches et de leur aboutissement figureront dans les discours qui suivent, que nous publions dans leur intégralité. 

Mais auparavant, quelques mots sur ce qui a précédé la cérémonie.

vendredi 22 septembre 2017

LES ARCHIVES DU PROCÈS BARBIE


Un homme "banal"




Klaus Barbie dans sa cellule à Montluc, 1983 
Crédits : Archives départementales du Rhône
Image empruntée ici

L'homme est âgé, le front dégarni, les traits tirés, les épaules tombantes. Toutefois, de son regard jaillit une intensité malfaisante et maléfique. Il regarde droit devant lui en direction de l’objectif. Il semble fragile, banal. L’homme n’a pourtant rien de banal. La photo a été prise le 9 janvier 1983. L’homme mesure 1m 70, il s’appelle Klaus Barbie



Cet homme nous regarde et il est impossible de lire dans ses pensées. Il incarne le mystère de la "banalité du mal".

Trente ans après la fin du procès Barbie, les archives judiciaires du dossier de celui que l’on appelait le « boucher de Lyon » sont désormais accessibles au grand public. Les ministres de la Justice et de la Culture l’ont annoncé officiellement le 3 juillet 2017.

Premier procès pour crime contre l'humanité en France


Klaus Barbie lors de son procès pour crimes contre l'humanité le 11 mai 1987 
© Getty / Francis Apesteguy
Image empruntée ici

Klaus Barbie a été jugé par la cour d'assises du Rhône, à Lyon, du 11 mai au 4 juillet 1987. C'est à Lyon qu'il a sévi, qu'il a torturé, qu'il a signé des arrêts de mort avec un zèle sadique.

mercredi 7 juin 2017

LES LETTRES DE LOUISE PIKOVSKY



Des bouteilles à la mer…




Bidon de lait utilisé par le groupe Oyneg Shabbos
Image empruntée ici

Il y a quelque chose de profondément émouvant à trouver par hasard des lettres dont on ne soupçonnait même pas l’existence. Ce sont des messages venus d’un lointain passé qui, tout à coup, deviennent d’une actualité fébrile. Ces lettres sont des voix qui reprennent vie, des bouteilles à la mer. En 1946, dix boites métalliques contenant des milliers de documents ont été découvertes dans les ruines de Varsovie. Deux bidons de lait ont été déterrés dans la cave d’une maison en 1950. La vie quotidienne du ghetto de Varsovie était cachée là dans toute sa misère. L'historien Emmanuel Ringelblum et les membres de son groupe, Oyneg Shabbos, ont collecté toute sorte de documents qui nous permettent aujourd'hui de saisir la "réalité" de la vie dans le ghetto de Varsovie. 

Remonter le fil du temps



Image empruntée ici

C’est grâce à Khalida Hatchy, professeure-documentaliste au lycée Jean de La Fontaine, que les lettres de Louise Pikovsky sont remontées du passé et de l’oubli.

dimanche 28 mai 2017

SAINT-ALBAN-SUR-LIMAGNOLE, UN HÔPITAL PSYCHIATRIQUE À LA POINTE DE TOUS LES COMBATS



Saint-Alban-sur-Limagnole, Image empruntée ici

C’est un petit village en Haute-Lozère situé non loin de Mende. Il connut un destin tout à fait exceptionnel durant la Seconde Guerre mondiale en raison de son hôpital psychiatrique. Cet hôpital fut un laboratoire où de nouvelles méthodes furent expérimentées, ce fut aussi un refuge pour les Résistants et les Juifs et enfin, un lieu de foisonnement artistique.



L'hôpital psychiatrique de Saint-Alban, image empruntée ici

De nouvelles méthodes

En 1936, le psychiatre lyonnais, Paul Balvet, prend la direction de l’établissement et introduit des réformes pour traiter les malades de manière plus digne. Paul Balvet est en faveur d’une thérapeutique plus engagée à l’hôpital psychiatrique. Il veut donner plus d’autonomie aux malades et considère que l’hôpital psychiatrique doit être un espace d’échanges et d’ouverture. Il jette les fondements de l’ergothérapie qui consiste à donner aux malades un travail rémunéré. 
En 1942, il crée le Club, qui ensuite deviendra la « société du Gévaudan », dont l’objectif est d’organiser la vie des patients à l’intérieur et à l’extérieur de l’établissement. Les relations entre les patients et les soignants sont totalement transformées grâce à ces nouvelles méthodes. Cette approche novatrice deviendra la « Psychothérapie institutionnelle ». Cette révolution sera poursuivie et même amplifiée par François Tosquelles et Lucien Bonnafé, psychiatres et communistes convaincus.